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dimanche 3 février 2019

L'Europe qui tue

https://www.amazon.fr/Compromis-Maxime-Calligaro/dp/2743646209 
L’un des anciens de la bande a quitté les couloirs des institutions pour aller faire le saltimbanque ailleurs. Il publie un polar qui prend pour décor notre biotope: Bruxelles. Les aficionados de notre Nom de l’alose s’y retrouveront. Ça s’appelle Les Compromis, et ça sort ce mercredi. Ce sera certainement dans toutes les bonnes librairies de la bulle et d’ailleurs, et c’est déjà en vente sur le Wild Wild Web.

Maxime, puisque c'est son nom, lancera le bouquin à Filigranes ce mercredi 6 février aux alentours de 18h/18h30 en compagnie de Jean Quatremer. Nous serons dans la salle, avec des fausses barbes. Et vous ?

mercredi 23 janvier 2019

La Bohème de l'euro


L'euro a eu vingt ans le premier janvier, et on ne laissera personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. D'ailleurs, il faut bien le dire, personne n'avait le cœur à la fête. Jean Quatremer vient de sortir Il faut achever l'euro (148 francs dans toutes les bonnes librairies) et on se demande bien comment il faut prendre son titre. Si vous écoutez bien, vous l'entendrez fredonner sur cet air fameux de Charles Aznavour...


Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
L’Allemagne en ce temps-là
Tenait à son Deutschmark
C'était son baromètre


Le franc, humble monnaie 
Qui se dévaluait
Ne payait pas de mine
En ce temps révolu
La France criait famine
L'Allemagne tombait des nues


Le problème, le problème

Au moment de
Créer l’Euro
Le problème, le problèèème
C’est qu’on était pas très réglo

Souvent il m’arrivait
Devant un eurogroupe
De passer des nuits blanches
Commentant le dessein
De chaque ligne d'un plan
Du galbe d’une tranche

Et ce n'est qu'au matin
Qu'on s'asseyait enfin
En conférence de presse
Épuisés, nerfs à vif
Il fallait que ça cesse
Ça devenait maladif

Le problème, le problème
C’est que l’Euro
Il a vingt ans
Le problème, le problème
C’est qu’en l’état il est déc’vant

Quand au hasard des jours
Je m'en vais faire un tour
Du côté de Bruxelles
Je ne reconnais plus
Ni les gens ni les vues
Qui dominent au Conseil

On écoute ratiociner
De types tristes à pleurer
Toutes sortes d’économistes.
Dans son nouveau décor
L’Europe semble triste
Les 3% sont mooorts

lundi 24 décembre 2018

Brexit : un conte de Noël









Au XIXe siècle, du temps où le gouvernement de Londres contrôlait une grande partie du monde, Charles Dickens enchantait ses lecteurs avec des récits pleins de bon sens et truffés de morale victorienne. Aujourd’hui, Londres ne contrôle plus rien du tout, mais les leçons de Dickens perdurent. En cette veille de Noël, nous souhaitions déposer sous vos sapins et dans vos inbox une version un peu modifiée de son célèbre Conte de Noël, l’histoire d’Ebenezer Scrooge, un businessman avare à qui trois fantômes de Noël offrent l’opportunité de transformer son existence.

Le lieu : Londres. L’époque : 2018. La saison : Celle des célébrations de la Nativité, de l’odeur des aiguilles de sapin qui se mélange à celle du pain d’épice, et de la joie qui se répand dans les chaumières. À l’exception d’une seule : celle du 10 Downing Street.

Et c’est derrière cette porte sombre que commence notre histoire. L’histoire de l’incroyable Noël de Theresa May.

Theresa May était une femme appliquée et travailleuse acharnée. Cette fille d’un vicaire du Sussex savait le prix du sacrifice. Enfant modèle, son seul vice était d’avoir un jour couru à travers les champs de blé. Première en tout à l’école, elle apprit bien vite que seul l’effort paye, et que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, qui sortent d’Oxford et se font élire député — ce qu’elle fit avec succès.

Besogneuse, elle gravit un à un les échelons de la politique anglaise. MP, Secrétaire du Parti conservateur, Secrétaire d’État et ministre. La volonté la plus féroce pouvait l’emporter sur la réalité. “When there is a will, there is a May”, se répétait-elle tous les jours, la mine renfrognée.

jeudi 13 décembre 2018

Le père l'Europe est une ordure

« Si vous saviez comme ça tombe bien ! Je me disais encore hier soir qu'il me manquait quelque chose pour descendre les Champs-Elysées. »



SCÈNE 1

Une désespérée en talons léopard rentre dans une cabine de téléphone rouge. Elle a un revolver à la main. Elle a du mal à composer un numéro de téléphone, un numéro qui n’en finit plus. Ça sonne, on décroche à l’autre bout.
MARTINE : Allô, allô.
La désespérée parle en hoquetant, le revolver sur la tempe.
LA DÉSESPÉRÉE : Allô... Europe-Amitié ?
MARTINE : Allô... Allô... Je ne vous entends pas…
LA DÉSESPÉRÉE : Je suis au bout du rouleau !
MARTINE : Pardon… Parlez plus fort enfin, je ne vous entends pas...
LA DÉSESPÉRÉE : Je dis que je suis au bout du rouleau ! J’ai pas de majorité et… je… qu’est-ce que je dois faire ?
MARTINE : Je ne vous entends pas, appuyez sur le bouton.
La femme dans la cabine appuie sur la gâchette et tombe morte. Noir.

mercredi 9 mai 2018

Bruxelles: ceci n'est pas une ville

À l'occasion d'un dossier Europe et culture, le Nouveau Magazine Littéraire nous a demandé : "Mais, au fond, c'est quoi Bruxelles ?" Réponse grecque. 
Bruxelles n’existe pas. C’est une illusion, un complot. Ce n’est pas une capitale, c’est une excuse. Les Belges s’en servent depuis 1830. De Bruges à Namur, dès que ça coince, dès que ça débloque, pour les Flamands comme pour les Wallons, c’est la faute à Bruxelles. Et au pays de Magritte, ça débloque plus souvent qu’à son tour. Alors un bouc-émissaire, c’est indispensable. Cette ville est un parfait trompe-l’œil qui parviendrait presque à vous faire prendre la Belgique pour un pays comme les autres.
« C’est la faute à Bruxelles ». Le concept s’est exporté au reste du continent quand, dans les années 50, la Communauté européenne naissante s’y est installée. « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble », disait le père Schuman. Le quartier qui abrite les institutions, c’est la même chose. Il s’est fait par inadvertance, comme on laisse le désordre s’installer dans le salon.

jeudi 13 juillet 2017

LesGrecquesxit


Les Grecques prennent congés. Pause. Pouce. Article 50. #Grecquesxit.
Nous, fonctionnaires masqués, raccrochons après un an de lutte contre les forces de l’euro-sinistrose. 
Les Grecquesxit

 
En Mai 2016 l’Europe institutionnelle ressemblait à une grosse fin de soirée, déprimante et finissante. Gotham-Bruxelles était tenue par la pègre de l’euro-déprime, les honnêtes citoyens du quartier européen n’osaient plus lever les yeux vers le ciel.

Bravant les interdits, envoyant par dessus la jambe le devoir de réserve, nous avons alors endossé les habits de justiciers-pitres masqués.
Notre mission : redonner la banane  à la Bulle (la belle banane courbée, celle des directives qui donnent des boutons aux Anglais).

jeudi 6 juillet 2017

Foule continentale

Dans une série d’émissions intitulée « Foule continentale », Caroline Gillet et sa bande s’essaient à « dechiantiser » l’Europe tout au long de l'été sur France Inter. Le premier épisode portait sur la Nation.
Dans le deuxième épisode, elle part à la rencontre des eurocrates. Manque de pot, elle est tombée sur un « Grecques » en exil. Il faut voir comme il lui parle, comme il lui parle… Le podcast est déjà disponible ici, l'émission sera diffusée le 21 juillet à 20h.

Et alors que l’été s’est installé à Bruxelles, dans la Bulle européenne on écoute la radio et on se prend à fredonner...
Oh la la la vie en rose
L’Europe qu’on vous propose
Cette espèce de machin-chose
Qui donne envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’prévoir
L’inflation, promouvoir
L’déficit zéro : dérisoire !