Mailing List

lundi 24 décembre 2018

Brexit : un conte de Noël









Au XIXe siècle, du temps où le gouvernement de Londres contrôlait une grande partie du monde, Charles Dickens enchantait ses lecteurs avec des récits pleins de bon sens et truffés de morale victorienne. Aujourd’hui, Londres ne contrôle plus rien du tout, mais les leçons de Dickens perdurent. En cette veille de Noël, nous souhaitions déposer sous vos sapins et dans vos inbox une version un peu modifiée de son célèbre Conte de Noël, l’histoire d’Ebenezer Scrooge, un businessman avare à qui trois fantômes de Noël offrent l’opportunité de transformer son existence.

Le lieu : Londres. L’époque : 2018. La saison : Celle des célébrations de la Nativité, de l’odeur des aiguilles de sapin qui se mélange à celle du pain d’épice, et de la joie qui se répand dans les chaumières. À l’exception d’une seule : celle du 10 Downing Street.

Et c’est derrière cette porte sombre que commence notre histoire. L’histoire de l’incroyable Noël de Theresa May.

Theresa May était une femme appliquée et travailleuse acharnée. Cette fille d’un vicaire du Sussex savait le prix du sacrifice. Enfant modèle, son seul vice était d’avoir un jour couru à travers les champs de blé. Première en tout à l’école, elle apprit bien vite que seul l’effort paye, et que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, qui sortent d’Oxford et se font élire député — ce qu’elle fit avec succès.

Besogneuse, elle gravit un à un les échelons de la politique anglaise. MP, Secrétaire du Parti conservateur, Secrétaire d’État et ministre. La volonté la plus féroce pouvait l’emporter sur la réalité. “When there is a will, there is a May”, se répétait-elle tous les jours, la mine renfrognée.

jeudi 13 décembre 2018

Le père l'Europe est une ordure

« Si vous saviez comme ça tombe bien ! Je me disais encore hier soir qu'il me manquait quelque chose pour descendre les Champs-Elysées. »



SCÈNE 1

Une désespérée en talons léopard rentre dans une cabine de téléphone rouge. Elle a un revolver à la main. Elle a du mal à composer un numéro de téléphone, un numéro qui n’en finit plus. Ça sonne, on décroche à l’autre bout.
MARTINE : Allô, allô.
La désespérée parle en hoquetant, le revolver sur la tempe.
LA DÉSESPÉRÉE : Allô... Europe-Amitié ?
MARTINE : Allô... Allô... Je ne vous entends pas…
LA DÉSESPÉRÉE : Je suis au bout du rouleau !
MARTINE : Pardon… Parlez plus fort enfin, je ne vous entends pas...
LA DÉSESPÉRÉE : Je dis que je suis au bout du rouleau ! J’ai pas de majorité et… je… qu’est-ce que je dois faire ?
MARTINE : Je ne vous entends pas, appuyez sur le bouton.
La femme dans la cabine appuie sur la gâchette et tombe morte. Noir.

mercredi 9 mai 2018

Bruxelles: ceci n'est pas une ville

À l'occasion d'un dossier Europe et culture, le Nouveau Magazine Littéraire nous a demandé : "Mais, au fond, c'est quoi Bruxelles ?" Réponse grecque. 
Bruxelles n’existe pas. C’est une illusion, un complot. Ce n’est pas une capitale, c’est une excuse. Les Belges s’en servent depuis 1830. De Bruges à Namur, dès que ça coince, dès que ça débloque, pour les Flamands comme pour les Wallons, c’est la faute à Bruxelles. Et au pays de Magritte, ça débloque plus souvent qu’à son tour. Alors un bouc-émissaire, c’est indispensable. Cette ville est un parfait trompe-l’œil qui parviendrait presque à vous faire prendre la Belgique pour un pays comme les autres.
« C’est la faute à Bruxelles ». Le concept s’est exporté au reste du continent quand, dans les années 50, la Communauté européenne naissante s’y est installée. « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble », disait le père Schuman. Le quartier qui abrite les institutions, c’est la même chose. Il s’est fait par inadvertance, comme on laisse le désordre s’installer dans le salon.

jeudi 13 juillet 2017

LesGrecquesxit


Les Grecques prennent congés. Pause. Pouce. Article 50. #Grecquesxit.
Nous, fonctionnaires masqués, raccrochons après un an de lutte contre les forces de l’euro-sinistrose. 
Les Grecquesxit

 
En Mai 2016 l’Europe institutionnelle ressemblait à une grosse fin de soirée, déprimante et finissante. Gotham-Bruxelles était tenue par la pègre de l’euro-déprime, les honnêtes citoyens du quartier européen n’osaient plus lever les yeux vers le ciel.

Bravant les interdits, envoyant par dessus la jambe le devoir de réserve, nous avons alors endossé les habits de justiciers-pitres masqués.
Notre mission : redonner la banane  à la Bulle (la belle banane courbée, celle des directives qui donnent des boutons aux Anglais).

jeudi 6 juillet 2017

Foule continentale

Dans une série d’émissions intitulée « Foule continentale », Caroline Gillet et sa bande s’essaient à « dechiantiser » l’Europe tout au long de l'été sur France Inter. Le premier épisode portait sur la Nation.
Dans le deuxième épisode, elle part à la rencontre des eurocrates. Manque de pot, elle est tombée sur un « Grecques » en exil. Il faut voir comme il lui parle, comme il lui parle… Le podcast est déjà disponible ici, l'émission sera diffusée le 21 juillet à 20h.

Et alors que l’été s’est installé à Bruxelles, dans la Bulle européenne on écoute la radio et on se prend à fredonner...
Oh la la la vie en rose
L’Europe qu’on vous propose
Cette espèce de machin-chose
Qui donne envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’prévoir
L’inflation, promouvoir
L’déficit zéro : dérisoire !

mardi 2 mai 2017

Ne me frexit pas



La campagne présidentielle française se termine enfin. A Bruxelles, dans cette eurocratie mal aimée, c'est l’expectative anxieuse. Il s'agit d'un débat démocratique solennel, et les bas-fonctionnaire que nous sommes observent, bien entendu, leur devoir de réserve. Nous avons néanmoins entendu, dans les couloirs du Berlaymont, fredonner cet air de Brel...
Ne me frexit pas

Ne me frexit pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier l'Traité
Et le temps perdu à Nice et Lisbonne
À savoir comment
Oublier la crise grecque
Qui tuait parfois d'austérité
Notre envie d'euro
Ne me frexit pas
Ne me frexit pas
Ne me frexit pas
Ne me frexit pas

mercredi 19 avril 2017

Sh'U.E.razade et le Sultan

La Turquie, en votant « oui » dans un référendum dimanche, s'est clairement mise au ban des nations européennes, en montrant qu'elle ne partageait pas une valeur européenne essentielle : nous, nous votons toujours non, nee, no, nei, oxi, nej. A cette occasion, nous vous proposons quelques hendécasyllabes, mettant nos pas dans ceux de Dante (« Mi ritrovai per una selva oscura »), de Rimbaud (« L'eau des bois se perdait sur les sables vierges ») et d'Eminem (« All they wanna hear is a beat and that's it »).
Sh'U.E.razade et le Sultan

Il est fort, il est grand
Il est le Sultan,
Des contrées Ottomanes :
Tayipp Erdogan.

Elle est belle, mais frêle
Sur les Dardanelles,
D’Europe la naïade :
Sh’U.E.razade.